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Voici avec une méthode de fabrication qui reste parmi les plus
simples mais qui demande un temps de préparation assez long. Il faut
cependant signaler que la majeure partie du temps est utilisée pour la
levée de la pâte, ainsi que la cuisson, ce qui, bien sûr, nécessite une
surveillance, mais qui laisse du temps pour une autre activité.
Veiller à l'exactitude des pesées. Un peu trop de sel et l'effet ne
serait pas apprécié par vos invités ! La température de l'eau est un
facteur important pour une bonne marche de votre travail. En moyenne, elle
devra être de l'ordre de 30° C'en hiver et un peu plus froide en été : 20°
C. La farine utilisée à température ambiante pourra être tamisée avec
une passoire fine afin d'éliminer les grumeaux ou d'éventuelles impuretés.
Avant de commencer le pétrissage, s'assurer que les ingrédients et le
matériel soient prêts.
LE MELANGE OU FRASAGE : Dans un
saladier assez grand, déposer le sel, verser par-dessus un peu d'eau
(prélevée sur les 300 g) juste pour le dissoudre. Ajouter la farine puis
la levure que l'on aura aussi délayée dans un peu d'eau. Ajouter le reste
d'eau et, du bout des doigts, faire le mélange. Les professionnels
appellent cette opération le frasage. Selon la quantité de farine,
ajouter ou non de l'eau. |
LE PETRISSAGE MANUEL : Lorsque le
mélange est terminé, verser celui-ci sur un plan de travail fariné afin de
commencer à pétrir : avec les 2 mains, prendre la pâte, la soulever
légèrement et la faire retomber sèchement en tirant vers soi un peu de
pâte avec les 2 mains. Il faut alors rabattre cette pâte en soulevant
un peu les mains. Cette opération est importante car elle va permettre
de donner de l'élasticité à la pâte et, en même temps, d'emprisonner de
l'air. Il faut recommencer un grand nombre de fois cette opération
afin de bien la pétrir : il faut compter entre 8 à 12 minutes de
pétrissage. A ce moment, la pâte est lisse, souple et élastique. La
remettre dans un récipient, déposer un peu de farine et couvrir d'un
torchon sec.
LE PETRISSAGE MECANIQUE AU BATTEUR :
Utiliser le même procédé que pour le pétrissage manuel en utilisant
une petite vitesse afin de s?assurer de la consistance de la pâte et de ne
pas "brûler" celle-ci par un manque d?eau. Augmenter la vitesse pour
assurer le pétrissage, dont la durée sera bien sûr diminuée par rapport au
pétrissage manuel. Il faut obtenir ainsi une pâte souple, élastique,
et qui se décolle facilement des parois. On pourra diminuer la
température de l'eau de 2 ou 4 degrés car la vitesse de pétrissage
mécanique va faire s'échauffer la pâte.
LE PETRISSAGE AU CUTTER (ROBOT)
: Voici un pétrissage très rapide avec lequel il faut
être extrêmement vigilant : la vitesse très élevée du couteau va assurer
un pétrissage très rapide (quelques dizaines de secondes). Dissoudre
dans deux bols différents le sel et la levure avec un peu d'eau. Les
ajouter à la farine déposée dans le bol du cutter. Ajouter la totalité de
l'eau et mélanger à petite vitesse, 10 à 15 secondes. Contrôler
l'élasticité de la pâte et ajouter éventuellement un peu d'eau. Pétrir
20 à 30 secondes à grande vitesse. Le pétrissage terminé, transvaser la
pâte dans un saladier. Consulter la notice d'explication du fabricant,
chaque appareil ayant des spécificités d'utilisation. Après le
pétrissage mécanique, continuer les opérations du pétrissage manuel.
LA
PREMIERE POUSSE OU "POINTAGE" : Pendant cette
opération, la levure va commencer son action et la pâte va augmenter de
volume. Il faut compter entre 20 et 30 minutes à température ambiante, et
surtout à l'abri des courants d'air. Si, en hiver, on s'aperçoit que
la pâte a du mal à "démarrer", on peut la placer à proximité (sans plus)
d'une source de chaleur (radiateur par exemple).
LE FACONNAGE : Après cette
première fermentation, on donnera au pain l'aspect souhaité. Diviser
et peser la pâte si nécessaire. Avec les 500 g de farine et les 300 g
d'eau nous avons obtenu environ 800 g de pâte. Pour les fours
traditionnels utilisés par les ménagères, il faudra bien souvent diviser
la pâte en deux ou en trois parties égales ; tout dépend du produit que
l'on souhaite réaliser : pour une grande miche on peut utiliser toute la
pâte ; pour des bâtards, il faut diviser la pâte en deux, ce qui permettra
de les cuire en même temps. Aplatir grossièrement la pâte sur une
table farinée avec la paume de la main. Pour un pain de forme allongée
: replier la pâte sur elle-même plusieurs fois en l'allongeant un peu au
fur et à mesure. A la fin, placer la dernière soudure, la "clef" en
dessous. Pour un pain en boule : lorsque la pâte est aplatie, en
prendre un peu sur le bord et la mettre au centre en soudant avec le bout
des doigts. Faire ainsi le pourtour de la pâte, la retourner et lui donner
une forme avec les mains. Lorsque le pain est façonné, le placer
directement sur la plaque de cuisson pour éviter toute manipulation
inutile.
LA DEUXIEME POUSSE OU "APPRET" :
Lors de cette opération qui doit durer de 1 heure à 1 heure 30
minutes, le pâton doit environ doubler de volume. Les boulangers
utilisent de grandes toiles de lin appelées couches. On utilisera des
torchons de coton ou de lin, très rigides mais surtout très secs. On les
réservera à ce seul usage. Le meilleur moyen de vérifier si le pâton
est bon à enfourner est d'exercer une légère pression avec les doigts.
Il faut sentir une faible résistance et la pâte doit revenir
immédiatement à sa forme originale. Si la pâte a tendance à s'affaisser,
il faut alors se dépêcher d'enfourner. Dans certaines fabrications (ex :
couronnes), on peut disposer les pâtons façonnés directement sur la plaque
de cuisson. L'idéal est de disposer de planchettes de contre plaqué très
fines et adaptées aux formes des pains. On tient la planchette de la main
droite et on la pose à proximité immédiate du pâton. La main gauche tient
le torchon et d'un geste vif fait basculer le pain sur la planchette, à
l'envers. Il suffit alors de faire basculer le pâton sur la pelle ou sur
la plaque de cuisson, de le décorer (farine, pavot, etc.), de le couper et
de l'enfourner.
LE FARINAGE DES PATONS : C'est
une opération très simple qui donne au pain une belle allure rustique.
Mettre un peu de farine dans un petit tamis ou une passoire et tapoter
légèrement au-dessus du pain et d'assurer une fine couche régulière. Il
faut faire cette opération avant d'inciser la pâte.
LA PREPARATION A LA MISE AU FOUR :
Afin de donner au pâton un bel aspect et une
régularité qui le rendent beau à voir, il faut procéder à la coupe ou
ajouter quelques éléments de décor : farine, pavot, graines de sésame. La
façon la plus simple de procéder est de prendre un cutter et d'inciser la
pâte de quelques coups de lame sur environ ½ cm de profondeur. Il faut
tenir la lame légèrement inclinée afin de réaliser une entaille en biais.
Couper en tirant vers soi d'un geste rapide en veillant à ce que la lame
soit toujours bien propre. La coupe, en plus de don rôle esthétique, est
importante : lors de la mise au four, sous l'effet de la chaleur intense,
la production de gaz carbonique ,par les levures va augmenter et exercer
une pression sur les parois, c'est à dire la croûte du pain. Si le pâton
est coupé, la pression se fera à ce niveau, en ouvrant de plusieurs
centimètres cette incision. Si, au contraire, le pâton n'
TEMPS DE CUISSON EN
FONCTION DE LA TEMPERATURE DU FOUR ET DU POIDS DU
PATON
|
POIDS |
TEMPS DE CUISSON |
TEMPERATURE DU FOUR |
| PETIT PAIN |
80 g de pâte |
12 - 15 mn |
Th.8 |
250° C |
| FICELLE |
200 g de pâte |
15 - 18 mn |
Th.8 |
250° C |
| BATARD |
350 g de pâte |
22 - 25 mn |
Th.8 |
240-250° C |
| PAIN |
500 g de pâte |
25 - 30 mn |
Th.7-8 |
240° C |
| COURONNE |
700 g de pâte |
30 - 35 mn |
Th.7-8 |
240° C |
| BOULE |
1000 g de pâte |
55 - 60 mn |
Th.7 |
210-220°
C |
a pas été coupé, la pression va s'exercer
partout et fera éclater le pain en plusieurs endroits. Le pain obtenu ne
sera pas beau.
APPLICATION D'ÉLÉMENTS DECORATIFS :
Sur certaines petites pièces, on peut ajouter des grains de pavot, de
sésame, des flocons d'avoine. Afin de fixer ces éléments sur la pâte, il
faudra préalablement l'humidifier à l'aide d'un pinceau.
LA CUISSON DU PAIN : Son but :
transformer la pâte en pain. Il faudra veiller à ce qu'au moment de
l'enfournement, le four soit déjà chaud. Si cela est possible, placer une
petite soucoupe remplie d'eau à côté de votre pain en l'enfournant. Sous
l'effet de la chaleur, l'eau va se transformer en vapeur qui va aller se
fixer sur la croûte du pain, ce qui va lui donnera un beau brillant.
Pour une somme modique vous pourrez améliorer votre technique de
cuisson et travailler ainsi en professionnel : placez sur votre plaque le
nombre de briques réfractaires nécessaires pour la recouvrir. D'une
épaisseur de 2 à 4 cm celles ci devront être bien chaudes avant d'y
déposer le pain : il faudra prévoir 10 minutes de préchauffage
supplémentaire. La cuisson du pain se fera ainsi plus
régulièrement. Il est souhaitable de se fabriquer des petites pelles à
enfourner le pain en contreplaqué : grâce à elles, vous pourrez déposer
rapidement les pâtons levés sur les briques ou sur la plaque du four.
Avant de déposer les pains sur la pelle il faut bien la fariner.
Faire glisser le pain sur les briques par des à-coups au début, puis
terminer par un geste vif et sûr. Après avoir déposé les pains, fermer
rapidement le four et ne plus l'ouvrir pendant 10 à 15 minutes. Si on
s'aperçoit que la pain cuit trop vite, réduire de quelques degrés. Pour
obtenir des pains avec une croûte épaisse, il faut entrouvrir légèrement
le four, réduire la température et les laisser sécher 5 à 10 minutes.
COMMENT RECONNAITRE QUE LE PAIN EST CUIT
?: - A la couleur : le pain doit être d'une couleur
uniforme jusqu'à l'intérieur du coup de lame. - En le touchant : la
croûte doit être dure et croustillante. Si on tapote le dessous du pain,
il sonne creux. - Au temps de cuisson : mais attention, il peut varier
en fonction de la précision du réglage de la température du four
LE DEFOURNEMENT : Dès que le pain
est cuit, il faut le sortir du four et le placer sur une grille ou sur un
torchon sec : la vapeur qu?il va dégager pourra ainsi s'échapper et
évitera de le mouiller par en dessous. Cette opération s'appelle le
ressuage et doit se faire à l'abri des courants d'air. Il ne faut pas
s'inquiéter si le pain ramollit un peu pendant un certain temps : ceci
n'est pas dû à un manque de cuisson mais à un phénomène naturel. A la
sortie du four, la pain est aussi fragile que du verre. Il faut le
manipuler avec précaution, d'autant plus que le coup de lame est
tranchant.
LA CONSERVATION DU PAIN : Si le
pain a été bien cuit, il va rester agréable à la consommation pendant
environ 48 heures. Progressivement, l'humidité contenue dans la mie va
s'évaporer et le pain va se dessécher : c'est le rassissement. Pour
conserver le pain quelques jours, on va placer celui-ci dans une boîte qui
ne devra pas être totalement hermétique. Il existe dans le commerce de
nombreuses boîtes en fer blanc décoré ou en bois massif prévues à cet
effet. On peut aussi l'envelopper d'un torchon sec.
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